UN
SURVOL DES LOIS
DE LA BALISTIQUE |
J.J. Dorrzapf
• Les
projectiles subsoniques et supersoniques. L'onde de Mach.
Sillage
Lorsque
l'on ébranle localement les molécules de l'air
ambiant (source sonore ou autre...), cet ébranlement
se propage de proche en proche aux molécules voisines.
Il se propage à une vitesse précise, qui dépend
des caractéristiques du milieu, appelée vitesse
spécifique. C'est la vitesse du son dans ce milieu,
l'air dans notre cas (a # 340 m/s).
Il
est à noter qu'il y a transfert d'énergie
mais pas de matière.
Si
la source (point jaune) de l'ébranlement
est immobile, les ondes générées
seront soit circulaires soit sphériques selon
qu'elles se propagent suivant deux ou trois dimensions
spatiales. Dans tous les cas, elles seront concentriques.
Lors
de son vol, la pointe du projectile percute des
molécules d'air (c'est la raison pour laquelle
il est freiné). Cet ébranlement va
se propager, sous forme d'ondes circulaires, dans
toutes les directions et notamment dans la direction
de la progression du projectile.
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• Vitesse
subsonique
Le projectile se déplace à une vitesse
inférieure à celle du son (vitesse subsonique),
les ondes sonores qu'il a générées
s'éloigneront indéfiniment de lui et en
particulier de sa pointe. |
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• Vitesse
sonique ou transsonique
Le projectile se déplace à la vitesse
du son. Les ondes émises par l'ébranlement
des molécules d'air par sa pointe restent au
niveau de cette dernière. L'accumulation de
ces ondes accroît localement la densité
de l'air et constitue une sorte de barrière
que le projectile aura du mal à franchir.
L'avant du projectile sera accompagné d'un
front d'onde. |
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• Vitesse
supersonique La
vitesse du projectile est supérieure à
celle du son. Les ondes émises à chaque
instant sont dépassées par la pointe
du projectile et sont laissées derrière. Cette onde est, à la pointe du projectile, supersonique. Il
s'agit d'une onde de choc.
A l'arrière du projectile, les ondes sonores se propagent à la vitesse du son et interfèrent par endroit.
Il se forme une accumulation d'énergie sur
l'enveloppe s'appuyant sur les bords des ondes. Cette
enveloppe a la forme d'un cône dont le sommet
coïncide avec la pointe du projectile. Ce sillage est l'onde de Mach. C'est ce "claquement" sec que l'on entend qui se différencie nettement de l'onde de bouche.
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• Quid de l'onde de choc ?
Ce
paragraphe nous permet de rappeler que le terme " onde
de choc " est souvent utilisé à mauvais
escient. Il faut garder à l'esprit quelques caractéristiques
d'une onde de choc qui méritent d'être encadrée :
1 - Une onde de choc est une interface entre deux milieux
aux caractéristiques physiques très
différentes et changeant très
brutalement. On peut parler d'un échelon
ou d'une impulsion ;
2 - Une onde de choc est toujours supersonique dans
le milieu dans lequel elle se propage ;
3 - La vitesse d'une onde de choc est proportionnelle
à son amplitude donc à l'énergie
qu'elle transporte ;
4 - Dans le cas d'un projectile, pour un milieu
donné, une onde de choc ne peut être
générée que si ce projectile
est animé d'une vitesse supersonique dans
ce milieu.
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En
balistique lésionnelle, si l'on souhaite évoquer
une onde choc comme responsable de lésions, à
condition qu'une onde de choc puisse générer
des lésions, il faut, dans un premier temps, s'assurer
que les conditions 2 et 4, ci-dessus, soient respectées
pour le tissu lésé.
Sinon
on parlera d'ébranlement, de transmission de quantité
de mouvement, de mise en accélération des
tissu mais pas d'onde de choc.
On
trouvera, ci-dessous une photographie (ombroscopie ou strioscopie)
d'une balle de fusil en vol supersonique avec les sillages
de tête et de culot. Dans ce cas, on parle d'ondes
de chocs.
Il
est à noter que l'onde de Mach est bruyante à
courte distance du passage du projectile. On entend un claquement
sec. Mais, pour en avoir fait l'expérience, elle
n'est d'aucun danger.
Ce bruit vient s'ajouter de façon importance à
celui du départ du coup de l'arme et obère
l'efficacité des réducteurs de son. D'où
la nécessité, si l'on utilise ces dispositifs,
de tirer des projectiles subsoniques.
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Nous
voilà à la fin du vol de notre projectile.
Si le tir est bien ajusté, il va bientôt rencontrer
sa cible. Nous en arrivons à la balistique terminale
qui, pour nous, n'est autre que la balistique lésionnelle.
Si
vous n'êtes pas lassé, nous vous proposons
une présentation de la balistique lésionnelle. Mais auparavant, il serait bon
de voir un peu d'armement...
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